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Le Ganglion Sentinelle

Mise à jour : 10 juin 2026

Qu’est-ce que c’est ?

Le ganglion sentinelle est le premier relais ganglionnaire (ou les 2-3 premiers ganglions) situé dans l’aisselle, vers lequel se draine la lymphe provenant de la tumeur du sein. L’équipe de chirurgie sénologique des Hôpitaux Civils de Colmar (Dr Massimo Lodi et son équipe) propose l’exérèse (retrait) de ce ganglion pour vérifier s’il contient des cellules cancéreuses. Si ce ganglion est sain, cela signifie que les autres ganglions de l’aisselle le sont aussi très probablement, évitant ainsi de tous les retirer (curage axillaire).

Pourquoi cette intervention vous est-elle proposée ?

La recherche du ganglion sentinelle est indiquée pour les cancers du sein infiltrants de petite taille, lorsqu’aucun ganglion anormal n’a été détecté à l’examen clinique ou à l’échographie avant l’intervention. L’objectif est de prélever un minimum de ganglions tout en obtenant l’information indispensable sur l’extension de la maladie, ce qui permet de réduire considérablement les complications (notamment le lymphœdème ou “gros bras”) par rapport à un curage axillaire complet.

Comment se déroule l’intervention ?

L’intervention se déroule sous anesthésie générale, souvent en même temps que la chirurgie du sein (tumorectomie ou mastectomie).

La technique de repérage

Pour identifier le ganglion sentinelle, une double technique de repérage est généralement utilisée :

  1. L’injection d’un traceur radioactif (isotope) : Elle est réalisée la veille ou le matin de l’intervention dans le service de médecine nucléaire. L’injection, très faiblement irradiante et sans danger, est faite dans le sein. Le produit va migrer vers le ganglion sentinelle.
  2. L’injection d’un colorant bleu (bleu patenté) : Elle est réalisée par le chirurgien au bloc opératoire, juste avant l’incision. Le colorant suit le même trajet que le traceur radioactif.

Le geste chirurgical

Le chirurgien réalise une petite incision dans le creux de l’aisselle (ou utilise l’incision de la chirurgie du sein si elle est proche). À l’aide d’une sonde détectant la radioactivité et en repérant la coloration bleue, il identifie et retire le ou les ganglions sentinelles (généralement 1 à 3).

L’analyse des ganglions

Les ganglions retirés sont envoyés au laboratoire d’anatomopathologie.

  • Analyse peropératoire (extemporanée) : Parfois, une analyse rapide est faite pendant que vous êtes endormie. Si des cellules cancéreuses sont trouvées, le chirurgien peut procéder immédiatement à un curage axillaire.
  • Analyse définitive : Elle prend quelques jours. Les résultats vous seront communiqués lors de la consultation post-opératoire. Si des cellules cancéreuses sont découvertes à ce moment-là, un traitement complémentaire (radiothérapie, chimiothérapie) ou un curage axillaire dans un second temps pourra être discuté en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP).

Les risques génériques de toute chirurgie

Comme pour toute intervention chirurgicale, l’exérèse du ganglion sentinelle comporte certains risques généraux que nous surveillons attentivement :

  • Risque anesthésique
  • Hémorragie per- ou post-opératoire (hématome)
  • Infection du site opératoire
  • Thrombose veineuse / embolie pulmonaire
  • Cicatrisation retardée
  • Douleur post-opératoire
  • Réaction allergique

Les risques spécifiques au ganglion sentinelle

L’exérèse du ganglion sentinelle est une intervention légère, et les complications spécifiques sont rares :

  • Coloration bleue de la peau et des urines : Le colorant bleu injecté peut donner une teinte bleutée ou verdâtre à votre peau (au niveau du sein) et à vos urines pendant quelques jours. C’est normal et transitoire.
  • Allergie au colorant bleu : Bien que rare, une réaction allergique (choc anaphylactique) au colorant bleu peut survenir au bloc opératoire. L’équipe d’anesthésie est formée pour la prendre en charge immédiatement.
  • Troubles de la sensibilité : Vous pouvez ressentir un engourdissement, des picotements ou une légère perte de sensibilité à la face interne du bras ou dans l’aisselle. Cela est dû à l’irritation de petits nerfs pendant l’opération et s’estompe généralement avec le temps.
  • La lymphocèle : Une petite poche de liquide lymphatique peut se former sous la cicatrice de l’aisselle. Elle se résorbe souvent seule, mais peut être ponctionnée si elle devient gênante.
  • Le lymphœdème (“gros bras”) : Le risque de développer un lymphœdème après l’exérèse du ganglion sentinelle est extrêmement faible (moins de 5%), contrairement au curage axillaire.

Après l’intervention : Conseils pratiques

  • Soins de la cicatrice : Une infirmière à domicile réalisera les pansements. Évitez les bains et la piscine jusqu’à cicatrisation complète.
  • Mobilité du bras : Il est important de bouger votre bras normalement dès le lendemain de l’opération pour éviter l’enraidissement de l’épaule. Des exercices doux vous seront conseillés.
  • Activités : Reprenez vos activités quotidiennes, mais évitez de porter des charges lourdes avec le bras du côté opéré pendant les 2 à 3 premières semaines.
  • Hygiène de vie : Maintenez un poids stable, car la prise de poids augmente le risque de complications lymphatiques.

Quand nous contacter ?

Vous devez contacter le service de chirurgie sénologique des Hôpitaux Civils de Colmar si vous observez :

  • Une fièvre supérieure à 38°C.
  • Une rougeur, chaleur ou un gonflement important de la cicatrice de l’aisselle.
  • Un écoulement anormal.
  • Une douleur qui augmente malgré les antalgiques.

L’équipe du Dr Massimo Lodi reste à votre disposition pour toute question concernant votre intervention et votre suivi.

Ces fiches sont un support à l'information orale. N'hésitez pas à demander à votre chirurgien ou à l'infirmière lors de votre prochaine consultation — elles ne remplacent pas le dialogue avec l'équipe soignante.