La Mastectomie Totale
Mise à jour : 19 août 2026
Qu’est-ce que c’est ?
La mastectomie totale, également appelée mammectomie, est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer la totalité de la glande mammaire, y compris l’aréole et le mamelon, ainsi qu’un fuseau de peau. Cette chirurgie est proposée par notre équipe de chirurgie sénologique des Hôpitaux Civils de Colmar pour traiter certains cancers du sein ou, dans des cas spécifiques, de manière préventive (prophylactique).
Pourquoi cette intervention vous est-elle proposée ?
Votre chirurgien sénologue (Dr Massimo Lodi ou un membre de l’équipe) peut vous proposer une mastectomie totale dans plusieurs situations :
- La taille de la tumeur est trop importante par rapport au volume de votre sein pour permettre un traitement conservateur avec un résultat esthétique satisfaisant.
- Il existe plusieurs foyers tumoraux dans des quadrants différents du même sein (tumeur multicentrique).
- Vous avez déjà reçu une radiothérapie sur ce sein par le passé.
- Vous présentez une prédisposition génétique augmentant significativement le risque de cancer du sein (mutation BRCA, par exemple), justifiant une chirurgie de réduction de risque.
Dans tous les cas, cette décision est prise de manière collégiale lors d’une Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) et vous est expliquée en détail lors de votre consultation.
Comment se déroule l’intervention ?
L’intervention se déroule sous anesthésie générale. Elle dure en moyenne entre 1 heure et 1 heure 30.
L’hospitalisation
Aux Hôpitaux Civils de Colmar, cette chirurgie peut être réalisée soit en hospitalisation conventionnelle (quelques jours dans le service), soit en chirurgie ambulatoire (entrée le matin et retour à domicile le soir même), selon votre état de santé, votre environnement familial et la distance de votre domicile.
Le geste chirurgical
Le chirurgien réalise une incision, le plus souvent horizontale ou oblique, pour retirer la glande mammaire. À la fin de l’intervention, la peau est refermée par des fils de suture, le plus souvent résorbables (qui disparaissent d’eux-mêmes). Il est fréquent qu’un drain (ou “redon”) soit mis en place. Il s’agit d’un petit tuyau souple relié à un flacon aspiratif, destiné à évacuer les liquides (sang et lymphe) qui pourraient s’accumuler dans la zone opérée. Ce drain est généralement retiré après quelques jours, soit dans le service, soit à votre domicile par une infirmière libérale.
La reconstruction mammaire
Sachez qu’une reconstruction mammaire est possible pour recréer le volume et la forme du sein. Elle peut être réalisée dans le même temps opératoire que la mastectomie (reconstruction immédiate) ou plusieurs mois/années plus tard (reconstruction différée). Notre chirurgienne plasticienne, le Dr Charline Huttin, est à votre disposition pour en discuter. Des fiches d’information spécifiques sur la reconstruction sont disponibles.
Les risques génériques de toute chirurgie
Comme pour toute intervention chirurgicale, la mastectomie comporte certains risques généraux que nous surveillons attentivement :
- Risque anesthésique
- Hémorragie per- ou post-opératoire (hématome)
- Infection du site opératoire
- Thrombose veineuse / embolie pulmonaire
- Cicatrisation retardée
- Douleur post-opératoire
- Réaction allergique
Les risques spécifiques à la mastectomie
En plus des risques généraux, certaines complications spécifiques, bien que rares, peuvent survenir :
- La lymphocèle (ou sérome) : Il s’agit d’une accumulation de liquide lymphatique sous la cicatrice après le retrait du drain. C’est très fréquent et bénin. Si la poche de liquide devient tendue ou gênante, le chirurgien pourra la ponctionner lors d’une consultation.
- La nécrose cutanée : Une souffrance de la peau au niveau de la cicatrice peut survenir, nécessitant des soins infirmiers prolongés, voire exceptionnellement une reprise chirurgicale.
- Troubles de la sensibilité : Une perte de sensibilité ou des sensations inhabituelles (engourdissement, picotements) autour de la cicatrice et sur la paroi thoracique sont fréquentes. Elles s’atténuent souvent avec le temps, mais peuvent parfois persister.
Après l’intervention : Conseils pratiques
Dès votre retour à domicile, quelques précautions vous aideront à bien récupérer :
- Soins de la cicatrice : Une infirmière à domicile réalisera vos pansements selon la prescription médicale jusqu’à cicatrisation complète (généralement 2 à 3 semaines).
- Hygiène : Les douches sont autorisées (sauf contre-indication du chirurgien), mais les bains, la piscine et les baignades en mer sont proscrits jusqu’à cicatrisation complète.
- Activités : Reposez-vous, mais reprenez progressivement une activité normale. Évitez de porter des charges lourdes avec le bras du côté opéré pendant les premières semaines.
- Prothèse externe : Une prothèse mammaire externe provisoire (en mousse) vous sera proposée dès votre sortie de l’hôpital. Une prothèse en silicone pourra être prescrite par la suite, environ deux mois après l’intervention.
- Soutien psychologique : L’ablation d’un sein est une épreuve difficile. N’hésitez pas à solliciter la psychologue du service, elle est là pour vous accompagner.
Quand nous contacter ?
Vous devez contacter le service de chirurgie sénologique ou vous présenter aux urgences des Hôpitaux Civils de Colmar si vous observez l’un des signes suivants :
- Fièvre supérieure à 38°C.
- Rougeur, chaleur, gonflement important ou écoulement purulent au niveau de la cicatrice.
- Douleur brutale ou qui ne cède pas avec les antalgiques prescrits.
- Saignement important.
- Gonflement soudain et douloureux du mollet ou essoufflement inexpliqué (signes possibles de phlébite ou d’embolie pulmonaire).
L’équipe du Dr Massimo Lodi et du Dr Charline Huttin reste à votre entière disposition pour répondre à toutes vos questions lors de vos consultations.
Pour aller plus loin
Fiches d'information des sociétés savantes, à télécharger ou consulter.
Ces fiches sont un support à l'information orale. N'hésitez pas à demander à votre chirurgien ou à l'infirmière lors de votre prochaine consultation — elles ne remplacent pas le dialogue avec l'équipe soignante.